L’Ecailler du Palais Royal

L’Ecailler du Palais Royal

 

Bien installé sur un coin de table, la plume plongée dans des eaux de pluie fine, et mon esprit noyé dans un alcool de vérité, en quelques minutes couchées sur le papier, je ne pouvais laisser passer le naufrage, je ne pouvais taire l’important orage qu’aura été ce cliché gastronomique où ont été absents tous les sourires, tous ces ciels de contentement, tout un bleu étoilé qui fait qu’un moment gastronomique devient une vie bien accordée après un mariage réussi d’accords et de désaccords.Oui, je ne pouvais passer sous silence ce maux de tête violent qui vous réveille en pleine nuit.

Table ayant récemment célébrée ses 50 ans,  à nouveau étoilée en 2018 après des années sans lumière, un nouveau chef Francois VERHULST ayant travaillé dans de très grandes et belles maisons, j’attendais du lieu plus qu’une réunion de gens ayant déjà la tête aux vacances ou ailleurs, plus qu’un rendez vous de canapés de démagogues se gargarisant de ne pas être.

En y allant, oui, l’on peut y perdre ses écailles et se faire plumer comme un poisson à poil car n’ayant plus d’eau pour habiller ses pensées et faire rire ses amies branchies.Etoilé plus que surcoté ce soir là, il me semble ne jamais avoir connu pareille déconvenue depuis la retraite de Bob l’éponge.

La bâtisse du XVII ème siècle est superbe.Le cadre est feutré, marin, londonien.

L’acceuil est plus que maladroit, l’on ne sait où vous placer alors que vous avez réservé depuis des lustres.L’on vous demande de choisir une table comme si l’on était dans une sombre taverne d’autoroute avec péage bien sûr.Attablés, l’on sent déjà que la prestation ne va pas être à la hauteur de l’architecture des lieux, qu’il y manquera une colonne vertébrale.

La carte des mets est classique, courte, sans doute engageante malgré des prix forts, quoique l’on notera ici et là une différence de taille de police sur « les classiques de l’écailler » écrits si petits qu’on croirait que l’on ne souhaiterait même plus que les clients, bien que bien pourvus en binocles, aillent y pêcher le fruit de leur tablée.

On hésite un peu entre le menu savoir et terroir du soir et la carte, et c’est par l’intermédiaire du sommelier, qui aura finalement été le seul à  faire battre la saine mesure et aura essayé de jouer tous les rôles tant certains étaient déjà tant et tant absents, qui avec gentillesse et générosité nous aura permis de faire notre choix.

A table on se souviendra longtemps de ce  » homard en 2 services »: un mauvais plan H, un premier plat semblant avoir été sorti du lit de Hibernatus, un deuxième plat (verrine…) ressemblant à un ace servi sans raquette, on se remémorera ces surcuissons, cette absence de générosité, de propos, d’histoire, ces desserts tellement simplistes que l’on s’interroge légitimement sur la présence ou non d’un pâtissier en ces lieux aquatiques.

La table dressée est pauvre, trop pâle, trop grande, pas assez garnie de couverts ces sourires et d’une nappe plaisante.

Le service s’avère servir une pâle copie.Service qui se prend les pieds dans un fort mauvais cinéma muet.Aucune présentation des plats, une allure à revoir: robotique, locomotivée sans locomotivation, aucune connaissance des produits, de la carte et du lieu. Le service est ainsi: on vous enlève votre assiette non terminée pour vous en amener une autre non aboutie.Et ainsi de suite..Même le sommelier seul pour gérer toutes les tâches ce soir n’aura pas réussi à redresser la table.

Pain sans caractère: on en pince pas pour lui même s’il s’avère servi sans adresse avec une pince.

La carte des vins n’est pas des plus engageante et l’on note même pas mal d’oublis parfois majeurs.

L’on songe que parfois, songe d’une nuit d’été oblige, il n’est pas bon d’ouvrir sa table quand le calendrier fait battre les ailes et non le coeur de ses salariés.

L’écailler du Palais Royal décroche de loin sur mon site, l’étoile de mer amère de la plus mauvaise table gastronomique de l’année 2018 et ce sera certainement difficile de faire mieux dans le pire en matière d’acceuil, de service, de cuisine.Une table qu’il convient cependant de ne pas oublier afin de rappeler à tout salarié, cuisinier, client, paysagiste, gastronome, aventureux, chroniqueur et croqueur que la qualité d’une table se travaille chaque jour, et que prétendre vouloir jouer les premiers rôles demande tous les jours: une équipe de gens qualifiés, compétents et affables et un vrai travail en équipe du chef aux commis, pour ne pas laisser comme seuls souvenirs sur le coin de la table vide une addition extrêmement salée et une soirée ou l’on aura bu la tasse tant la plongée fut oui…en eaux troubles.

Le génie R MAGRITTE avait vu dans son texte « L’enculeur » le devant mais surtout le derrière surréaliste ou non des choses.En quittant cette table sous la pluie, sans me retourner, il me vient à l’esprit ce texte qui ce soir semble nous convier pour être sur le devant de la scène.

Heureusement, que 2 yeux généreux, une grande présence parfumée, furent mes compagnons du soir en ce soir de naufrage effectué place du sablon avec du sable plein la mécanique des sens, naufrage qui ne fut malheureusement, pas aussi réussi que le chef d’oeuvre du radeau de la méduse de Géricault.

 

 

Carte

 

Amuses bouches sans histoires…

 

 

King crabe en ravioles et grillé / émulsion au curry léger

Si le plat est visuellement beau (quoique laissant apparaitre sur les bords de l’assiette des taches peu dignes..) et généreux dans son propos, il en ressort néanmoins des soucis quant aux préparations qui semblent par trop mélangées et baignant dans une huile de massage mais pas de celle qui masse avec finesse votre esprit.

 

 

 

Excellent Bourgogne Marsannay Château de Marsannay 2015 

2 bouteilles prises ce soir pour oublier un tout petit peu dans de beaux draps de bon alcool le naufrage du soir.

 

Saint pierre grillé/ câpres italiens / citron de menton

Surcuisson du poisson…Aucun jus, aucune sauce, si ce n’est quelques câpres à l’huile de coude.Pointes pauvres de citron.Ce plat passerait il au feu orangé ou serait il calé au feu rouge?

 

Homard Sauvignon en 2 préparations (..dans le texte).

Un naufrage de bout en bout.1 ère assiette présentant une chair caoutchouteuse accompagnée d’une étrange purée élastique qui ne donne pas envie de faire le grand saut à l’élastique.Aucune finesse, aucune cuisine, comme laissé là à l’abandon sur une route de campagne sombre et peu touffue perdue en pleine recherche du goût.2 ème plat (ou plutôt verrine) avec les pinces présentée à l’oral (30 minutes avant son service comme étant plus en accord avec la tomate) mais laissant comme à penser davantage qu’il s’agissait bien de la même sauce utilisée pour la 1 ère entrée….Pour 95 euros, je n’ai jamais connu pareille déconvenue avec un plat autour du homard et…peut être même davantage…

 

Couché sur la paille je suis…je constate que cela se mange en 3 coups de fourchettes…Oui, une paille aurait suffi…

 

Tablette pour présenter les desserts…Pas du meilleur effet…Sic..

 

Pré dessert 

Vite la suite…

 

Crêpe Normande

Un dessert étoilé?

 

Crémeux au chocolat granité café mousse vanille 

On touche vraiment le fond…..

 

Même la tarte au citron et la meringue semblent nous indiquer connaître une très très grosse fatigue… 

 

 

 

« L’Ecailler du Palais Royal, prendre l’eau et ne pas le faire à moitié »

 

L’Ecailler du Palais Royal 1 out of 5 stars (1 / 5)

Rue Bodenbroek 18

1000 BRUXELLES

Tel: +3225128751 

Site: http://www.lecaillerdupalaisroyal.be

Horaires: TLJ de 12h00/14h30 et de 19h00/23h30

Prix: Menu déjeuner 60 euros, Menu saveur et terroir 125 euros, A la carte: 44/58 euros, Plats: 26/95 euros, Desserts: 12/18 euros

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